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Le simple militant

Par Jules Falardeau, 17 janvier 2013 16 h 00 min

(Billet publié à l’origine sur le site de l’Organisation du Québécois)

Jules 'Holymel' Falardeau

Jules 'Holymel' Falardeau

Je déteste les partis politiques. Tous. Bien sûr, je déteste le PLQ plus que les autres. Je déteste les partis politiques pour plusieurs raisons. Je déteste les gens carriéristes en politique, ce qui est probablement  l’une des raisons. Je déteste aussi la logique de parti. C’est sûrement pour ça que je n’ai jamais été membre d’un parti, ni milité activement pour l’un d’eux. Je milite activement pour une cause : la liberté. La liberté de mon peuple, la liberté de tous les peuples. Je milite, je manifeste, je prends la parole, j’écris et je fais du cinéma pour cette cause. Je milite en même temps contre quelque chose; contre l’injustice, contre l’asservissement, contre l’oppression, contre l’ignorance, contre la bêtise. Vaste programme, me direz-vous…

Je déteste les partis politiques, mais j’ai un profond respect pour les simples militants indépendantistes. Par ailleurs, personnellement, je trouve que les militants du PLQ sont soit des débiles, soit des opportunistes, soit les deux. Quant aux militants de la CAQ, je doute que ça existe réellement. Même si je déteste les partis politiques, je ne refuserai jamais d’aller parler aux militants des partis indépendantistes, que ce soit au PQ, à Québec solidaire ou à Option nationale. À chaque fois que j’ai discuté avec des militants de ces partis, j’ai  toujours trouvé l’expérience enrichissante et j’en apprends à chaque fois sur ce qui peut motiver quelqu’un à militer pour un parti. Les simples militants sont des gens formidables. On dirait que c’est lorsqu’il est question de logique de parti, de hiérarchie, de carrière et de pouvoir que le portrait s’assombrit.

Je déteste les partis politiques parce qu’ils sont capables de réduire la lutte pour la survie d’un peuple à un débat constitutionnel à la con, parce qu’ils sont capables de réduire le militantisme à des cocktails de  financement. Je m’excuse, mais on ne galvanisera jamais une foule avec le foutu code Morin. Des fois, on dirait qu’on oublie qu’on se bat contre un système colonial qui est en place depuis longtemps. Le système est rodé et l’ennemi est puissant, vicieux et uni. Sauf que notre pire ennemi est en nous-mêmes. C’est notre mollesse collective, notre paresse, notre naïveté, notre ignorance, notre indifférence et, surtout, notre division.

Il paraîtrait qu’une société normale doit avoir un débat gauche-droite. Le débat gauche-droite n’est pas inutile en société, mais c’est un débat qui ne m’intéresse pas pour l’instant. En général, j’ai plus de sympathie pour la gauche partout dans le monde. Au Québec, je trouve qu’une partie de la gauche est particulièrement mélangée et colonisée. Une gauche bien-pensante qui, dès qu’elle entend le mot nationaliste, aime s’imaginer des rassemblements de chemises brunes du bas du fleuve. Une gauche qui pue le SCRS et qui prend la lutte pour l’autodétermination d’un peuple pour un projet bourgeois et raciste. Une gauche qui a peur de tout et surtout des mots. Citoyens du monde, mon cul. De l’autre côté, il y a une partie de la droite québécoise, la droite hot-dog, qui est aussi colonisée et mélangée, mais différemment. Le procédé est simple : on chie sur tout ce qui est Québécois, on préfère les States, on chie sur les BS, sur les syndicats, sur les gauchistes, sur les carrés rouges, sur les artistes, sur les nationaleux.

Pour ces ambidextres colonisés, l’indépendance est soit un projet bourgeois, soit un projet communiste. Moi, je veux l’indépendance du Québec, pas à droite, pas à gauche. L’indépendance en soi. Après, nous aurons toute la vie pour nous situer collectivement, lorsque nous serons maîtres de notre destin. Vous savez, en Chine, les communistes et les nationalistes se livraient une guerre farouche. Lorsque l’invasion japonaise prit de l’ampleur en 1936, ils furent en mesure de créer un front uni pour repousser l’envahisseur. Et en Iran, lors de la révolution de 1979, les forces de gauche et les islamistes ont réussi ensemble à faire tomber le Shah (auparavant placé par les Américains). Les choses se sont cependant compliquées lorsque les islamistes ont écarté du pouvoir les forces de gauche.

Ce que j’essaie de dire, c’est que la volonté indépendantiste doit primer sur les convictions de gauche ou de droite. Lorsque nous aurons un pays, il incombera aux forces de droite et de gauche de rester vigilantes pour ne pas être écartées du pouvoir comme ce fut le cas de la gauche en Iran.

Je n’aime pas les partis politiques, et je n’aime pas non plus les étiquettes gauche-droite. Pour la cause, je suis prêt à lutter avec tous les indépendantistes quelles que soient leurs autres convictions, quelles que soient leur religion, leur origine, leurs croyances ou leur classe sociale, en autant que nous soyons d’accord pour que l’indépendance ne doive pas se faire ni à gauche ni à droite, mais pour elle-même. Pour nous. Pour survivre en tant que peuple, parce que c’est bien de cela dont il est question, la survie, et c’est pour cela que ce doit être si important.

Une fois que ce sera fait, il me fera plaisir de m’obstiner avec n’importe qui sur la gauche et la droite comme dans n’importe quel PAYS normal.

Peut-être que je radote des fois. Vous me pardonnerez.

Jules Falardeau

Confusion nationale ou simplisme volontaire?

Par Jean-Philippe Décarie-Mathieu, 17 janvier 2013 13 h 17 min

L’éditeur en chef du Voir – et fervent partisan de notre émission – Simon Jodoin a écrit un billet sur la multiplication récente des groupes à l’intérieur du mouvement indépendantiste québécois. Un extrait:

Grosse semaine du côté de la mouvance indépendantiste. D’abord, le Conseil de la souveraineté nous a rappelé son existence en faisant part de la nomination de son nouveau président, Gilbert Paquette. Ensuite, le Nouveau Mouvement pour le Québec (NMQ) mené par Jocelyn Desjardins annonçait, le lendemain, la création de quelque chose de nouveau (encore!) sous la bannière Convergence nationale, avec l’appui de Bernard Landry et de Gilbert Paquette du Conseil de la souveraineté dont je vous parlais quatre lignes plus haut. Pour finir, à peu près au même moment, on nous présentait un nouveau groupe, Génération nationale, qui se propose de rassembler les souverainistes conservateurs plus à droite.

[...]

C’est vrai que, contrairement à tous ces gens très intelligents, je suis un peu con, mais j’ai la vague impression que ceux qui ont le plus de difficulté à comprendre le projet indépendantiste, ce sont les… indépendantistes.

Tout ceci découle de l’échec de pédagogie du PQ et de sa descente aux enfers – entraînant de ce fait une grosse partie des indépendantistes – depuis une quinzaine d’année. Le référendum-à-tout-prix, c’est l’art de mettre la charrue devant les boeufs au PQ; l’idée s’est métastasée à l’ensemble de l’entité politique depuis un bout déjà. On veut un pays mais on sait pas trop il aura l’air de quoi… pas trop allumant pour monsieur-madame tout le monde, ça.

Pour ce qui est d’aller convaincre les Autres(tm), y’a déjà Option nationale qui abonde dans cette direction…. en partie, du moins. Ce que Jodoin ne mentionne pas (par ignorance ou par exprès, peu importe), c’est qu’il y a aussi les Autres(tm) à l’intérieur même du mouvement indépendantiste: voir ici les souverainistes de droite, les nationalistes plus conservateurs, les républicains et tout le reste qui ne fitte pas dans le cadre du bon souveraineux inefficace et politiquement-correct du PQ/ON/QS, le cul fendu en quatre pour plaire à tout le monde mais ne rejoignant qu’une poignée de convaincus via la prêche à sa paroisse.

L’unité des forces souverainistes n’est pas ce qu’elle était en ’94-’95 – non seulement il y a l’Autre Bord(tm) à rejoindre mais il y a aussi les guerres d’ego à écraser à l’intérieur même du mouvement. C’est une guerre à deux fronts. Texte simpliste et titre trompeur (ce n’est pas autant de la « confusion » que de l’éparpillement) mais le paragraphe cité plus haut à au moins le mérite de cerner une partie du problème.

Épisode 81 – l’Affaire Jean Barbe et l’alliance Québecor-SSJB

Par Jean-Philippe Décarie-Mathieu, 23 novembre 2012 12 h 59 min

La 81e émission des Fils de la liberté sur douteux.tv est maintenant disponible. Cette semaine: l’Affaire Jean Barbe, les tentacules de Québecor à la Société Saint-Jean-Baptiste, des remises de prix douteuses et l’absence du républicanisme dans les propositions de front uni souverainiste.

L’émission a été diffusée en directe au Musée de l’absurde le jeudi 22 novembre 2012.


Les Fils de la Liberté – 21 novembre 2012 par Douteux_tv

Épisode 70 – Attentat politique et retombées électorales

Par Jean-Philippe Décarie-Mathieu, 9 septembre 2012 15 h 39 min

La 70e émission des Fils de la liberté est maintenant en ligne! Cette semaine: un angryphone ouvre le feu lors du rassemblement du Parti Québécois et affirme, lors de son arrestation, que « les anglais se réveillent! »… mais les médias hésitent de parler d’attentat politique! Aussi: les résultats électoraux (décevants) et la visite de l’intellectuel dissident français et président d’Égalité & Réconciliation Alain Soral ainsi que l’auteur et « survivaliste » suisse Piero San Giorgio.

L’émission a été diffusion en direct du Musée de l’absurde jeudi le 6 septembre 2012.


Fils de la Liberté – 2012-09-06 Retour sur les… par Douteux_tv

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