De la nécessité du PQ bashing
Jules Falardeau mentionnait au dernier épisode la trop grande importance accordée au PQ bashing plutôt qu’au bashage d’Ottawa. Et là, au moins une personne a mentionné qu’il était d’accord… avant de nous avouer LA solution pour sauver le PQ: changer de chef. Il n’en fallait pas plus pour que je transforme mon insomnie en un temps semi-productif avec mon premier emboîtage de mots l’un par derrière l’autre pour les Fils.
Depuis 17 ans, on a entendu et réentendu cet argument pour Bouchard, Landry, Boisclair et Marois. Certains péquistes, éternellement déçus, mais jamais assez pour allumer, SAVENT que le PQ ira mieux le jour où X sera remplacé par Y. Ils savent que le PQ ira mieux… plus tard… dans certaines conditions… avec le vent dans l’dos… pis toute. Et quand ils auront vu passer Gilles Duceppe, Jean-François Lisée, Bernard Drainville, Yves-François Blanchet, Léo Bureau-Blouin (pis j’espère de tout cœur qu’ils descendront aussi creux) et j’en passe, certains croiront encore qu’un changement de leader est LA solution pour sauver le PQ… Ciboire, ça va vous prendre quoi pour vous réveiller?
Si on appliquait la logique qui veut «que le PQ est LE véhicule pour l’indépendance, car historiquement il l’a toujours été» sur une plus longue période de temps, ben ça serait le parti libéral qu’on considérerait comme la seule voie viable vers l’indépendance, car c’est le descendant direct du parti patriote. Pourtant, est-ce quelqu’un ici doute du fédéralisme crasse du PLQ? Non, pourquoi? Parce qu’avec le temps, les partis politiques, tous comme les gens, changent et le PQ d’aujourd’hui n’est plus un parti indépendantiste. Point!
Maintenant, Jules apporte un excellent point. Les décisions au Canada, ultimement, se prennent à Ottawa et on doit rester attentifs aux multiples méthodes qu’ils emploient pour nous agrandir le sphincter. Et pourquoi c’est notre travail à chacun en tant que militant? Car le gouvernement du Québec, supposément indépendantiste, ÉCHOUE SYSTÉMATIQUEMENT à prendre les opportunités qu’Ottawa lui offre sur un plateau d’argent de faire la promotion et la pédagogie de l’indépendance. Et ce n’est pas symptomatique d’un gouvernement minoritaire puisqu’il en est de même depuis l’arrivée de Lucien Bouchard. On l’a constaté à deux reprises dans notre histoire moderne, le Québec est bien souvent à une crise politique de se séparer. C’est arrivé en 1990 avec l’échec de l’accord du Lac Meech et en 2005 avec le scandale des commandites. Les appuis au projet indépendantiste avaient largement dépassé les 50%. Si ça prend juste une crise, BEN PROVOQUONS-LA TABARNAQUE. Provoquons-en 10, des crises. Martelons le message qu’on se fait voler à chaque occasion qui se présente. On serait plus riche en tant que peuple si on était un pays, point. Là-dessus, je suis 100% d’accord avec Jules. Soyons les vecteurs de la pédagogie indépendantiste et non pas juste les rapporteurs de l’échec de ceux qui étaient supposés l’être au départ.
Mais c’est bien de se rappeler pareil une fois de temps en temps (et même souvent) qu’on a élu un gouvernement de faibles qui contribue également à tester les limites de l’élasticité de notre rectum collectif. En effet, le branding « parti québécois » endort plusieurs québécois et leur a même valu le sobriquet de « péquisss » avec une emphase sur le « isss » pour souligner le fait à un moment donnée, ces gens « tiltent » en bon français et passent d’êtres humains à porte-parole du parti. Ils transforment le temps et l’énergie qu’ils consacraient auparavant à mobiliser et tenter de convaincre les gens du bien fondé de l’indépendance en une série de circonlocutions pour excuser les décisions qui se prennent au-dessus d’eux et essayer de nous (se) convaincre que le parti sait ce qui est bon pour nous. Pour eux, un chemin sinueux qui prend de multiples détours au milieu de la jungle avec de la brume est le MEILLEUR moyen d’y arriver.
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- Aller téter des dirigeants de corporations à Davos.
- Se faire recevoir comme d’la marde par le premier ministre écossais.
- Financer un vidéoclip « bilingue » qui fait la promotion du fédéralisme.
- Bilinguiser la STM.
- etc.
- ???
- Indépendance.
Rapatrier l’assurance-emploi, ça vous tente pas? Ça serait un excellent geste de rupture qui serait d’actualité. Ok, ça veut dire qu’on passerait d’un système assez à jour (genre qui utilise des ordinateurs et l’internet) à un système où tu ne peux même pas demander à ce qu’on t’envoie des messages par courriel, mais on aurait la chance d’en recevoir à nouveau , de l’assurance-emploi!
Mais là, d’aucuns me diront : « Vincent, ce ne sont pas tous des imbéciles, les péquistes sont des indépendantistes comme les autres. » Cher interlocuteur hypothétique, je ne doute pas de leur bonne foi. Mais c’est justement ce qu’ils ont en trop, la foi. La foi que Marois nous donnera un pays, la foi que la souveraineté arrivera d’un seul coup, durant le Grand Soir ou encore la foi qu’avec un autre chef, ça sera mieux. Toute cette foi me fait vomir de la bile. Ba dum tss! Et les congrès du parti servent justement de grand-messe où le curé nous promet le paradis en échange de fermer nos yeules et d’être patient un an de plus. Au dernier congrès, Drainville nous avait promis quelque chose DE GRANDIOSE avec de la souveraineté pis des nouveaux arguments (genre, ceux qu’Aussant répète ad nauseam, mais en plus flous) mur à mur pendant un an… Bref, jusqu’au prochain congrès. Mais où est-elle cette orgie d’émancipation du fleurdelisé? Après quelques semaines, il n’y a rien. J’entends déjà les péquisss me dire « oui, mais il y a encore 11 mois à cette année. » Ah! Ta yeule, tu m’énarves, voix dans ma tête! Ce qui s’est passé, c’est qu’on a acheté le silence des militants du parti avec de belles paroles. Je crois que c’est plus pathétique qu’au PLQ, où au moins on achète le silence sur les failles abyssales du fédéralisme avec de l’argent! Mais c’est simplement le dernier hochet qu’on a tendu aux militants péquistes dans une très longue série de bébelles à militant. Des exemples?
- Les référendums d’initiatives populaires, où apparemment SEULEMENT 850 000 signatures sur une pétition seraient nécessaires pour enclencher le processus référendaire. Je tiens à rappeler que la pétition pour obliger Jean Charest a démissionné a obtenu un peu plus de 250 000 noms et que c’était énorme comme nombre. Du jamais vu! Fa qu’avec ton 850 000, dis-le si ça te tente pas qu’on soit un pays, là. Anyway, Marois a rejeté l’idée durant la campagne électorale.
- La gouvernance souverainiste est un terme emprunté à des militants puis déformé par Marois pour le rendre synonyme d’autonomisme. Je répète, la gouvernance souverainiste à Marois, c’est d’être « très autonomiste ». Ok, je vais prendre mon temps parce que ça risque d’être un choc pour plusieurs. L’autonomisme implique de rester à l’intérieur du Canada. Et peut-être n’est-ce pas évident à comprendre mais rester à l’intérieur du Canada et en sortir sont deux situations mutuellement exclusives. Marois n’est pas indépendantiste. Pis en plus, elle a même reculé là-dessus, pour cause de première ministre qui ne met pas ses ovaires, oh pardon, qui a un gouvernement minoritaire.
- Attendre le moment opportun, qui avait au départ la noble intention de saisir la balle au bond lors d’une crise politique. Ça aurait été bien si ça avait été plutôt « provoquer » le moment opportun. On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs. On ne construit un pays en attendant sagement dans son coin.
Bref, à chaque année, on a droit à de nouvelles promesses creuses qui, au final, font perdre des milliers d’heures de productivité militante et pendant ce temps, les fédéralistes québécois ont le vent dans les voiles et n’ont même pas à concocter un seul argument pour défendre le Canada. Ils n’ont qu’à prendre les arguments indépendantistes et changer le « malgré le Canada » par « grâce au Canada ».
Pour finir, parce que calice que je veux aller me coucher, ça serait drôle si Raymond Bachand deviendrait chef du PLQ, car on aurait tous des chefs de partis à l’Assemblée nationale qui ont un jour au l’autre prétendu être souverainiste et on aura jamais été aussi loin d’avoir un pays. Ciboire.

