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Le destin du Québec, tel que vu par l’Ontario: Sabia, la CDP et le GRSP

Par JP, 3 février 2012 12 h 06 min

Michael Sabia lors d'une soirée donnée en l'honneur de André Desmarais

Pendant qu’ici on donne dans la petite politique provinciale, l’élite financière  intégrée à l’apparatchik de l’état Québécois s’organise main dans la main, confortablement; transfuge de Toronto pour rediriger la Caisse de dépôt et de placement dans la même direction que les intérêts de la ville-reine, Michael Sabia aime bien se prélasser au domaine Sagard:

M. Sabia et sa petite famille étaient les invités du président et cochef de la direction de Power Corporation, André Desmarais, au cours de la fin de semaine des 12, 13 et 14 août.

[...]

À la Caisse de dépôt, le porte-parole, Maxime Chagnon, a insisté pour dire qu’il s’agissait d’une simple  activité sociale» à laquelle M. Sabia s’est rendu, en voiture, avec sa femme et sa fille. «Suggérer autre chose que l’activité sociale serait purement mensonger, a-t-il dit. Il n’y avait aucun lien avec son travail.»

Bien sûr que non; tout le monde sait très bien qu’il n’y a jamais aucune décision prise, dans ce bas monde, derrière des portes closes, loin des caméras et de la racaille populaire.

Le Robin des banques n’acquiesce pas:

Yves Michaud, du Mouvement de défense des actionnaires, n’est pas d’accord. «Administrer le bas de laine des Québécois, il faut le faire avec pudeur et retenue, a-t-il tonné. Dans ce cas-là, il n’y a eu ni pudeur ni retenue.» M. Michaud trace un parallèle avec «[Henri-Paul] Rousseau, président de la Caisse au moment où 40 milliards $ sont partis en fumée lors de la grande crise de 2008, devenu vice-président de Power Corporation quelques semaines après avoir quitté la Caisse »

Aussi, la classe politique québécoise – du moins, quelques anciens députés battus par le peuple, comme c’est winner – vont « Parler Qc » dans la langue de Shakespeare à Toronto. Le but? Intéresser les canadiens-anglais par la question nationale du Québec:

Les organisateurs, le Groupe de recherche sur les sociétés plurinationales (GRSP) de l’UQAM et la School of Public Policy and Governance de l’Université de Toronto, précisent que la conférence The Quebec Question for the Next Generation «est donnée en anglais uniquement». On compte parmi les conférenciers venus du Québec l’ancien premier ministre Bernard Landry, le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, l’ancien député péquiste Daniel Turp et la professeure de droit constitutionnel Eugénie Brouillet.

À défaut d’en parler ici, au Québec, j’imagine qu’ils peuvent toujours le faire à l’extérieur de la nation… ça me semble parfaitement inutile; après tout, les canadiens-anglais nous adorent.

Al Gore commandité par Power Corporation

Par JP, 21 avril 2010 8 h 51 min

Tiens, tiens! Surprise? Pas vraiment. Merci au Décodeur et à Simon pour cette nouvelle:

gore-charestCinq mois après avoir dit que l’exploitation des sables bitumineux était «l’une des plus sérieuses menaces pour l’espèce humaine», Al Gore revient à Montréal avec l’aide financière d’Investors Group, une filiale de Power Corporation, qui est indirectement impliquée dans l’industrie pétrolière albertaine. Une contradiction notée par certains groupes écologistes.

[...]

Le président-fondateur du Sommet du millénaire, Daniel Germain, reconnaît qu’il ne connaît pas toute la problématique des sables bitumineux et du rôle joué par Power dans leur exploitation. «Je comprends qu’il y a un débat là-dessus, mais c’est pas mon débat. Cela étant dit, Investors Group, c’est un partenaire extraordinaire depuis deux ans au Sommet. C’est une compagnie très active au Québec, très engagée, qui supporte les banques alimentaires, etc.»

L’art de se laver les mains dans le cas de Germain et l’art de financer les deux côtés d’un débat dans le cas de Desmarais. Plus ça change…

Boycott de Power Corporation Canada

Par JP, 12 mars 2010 12 h 53 min

Définitivement, Robin Philpot ne chôme pas – nous parlions de lui la semaine dernière lors de notre topo sur les anglophones souverainistes et maintenant, il lance un site de boycott de Power Corporation Canada, l’entité tentaculaire et concentatrice de la presse Québecois de l’hydre Paul Desmarais.

boycott-power-corp

À lire aussi – Derrière l’état Desmarais : POWER.

Mise à jour : courriel reçu de Erick Frappier:

Ce n’est pas Robin Philpot qui créé le site de Power, il n’est pas relié à ce projet, c’est moi l’an dernier.

Je n’ai pas continué le travail faute de temps et de ressources. Le projet pourrait reprendre cependant, c’est pourquoi le site demeure en ligne avec un RSS sur mesure de Vigile

Garderies religieuses, multiculturalisme et les élites québécoises

Par JP, 10 mars 2010 15 h 30 min

Excellente vidéo tirée de l’émission Dumont 360 avec le sociologue Mathieu Bock-Côté qui discute du multiculturalisme forcé, le défaitisme des élites politique Québécoise et du politically correct:

Quelques citations de choix de Mathieu Bock-Côté:

On inverse le devoir d’intégration; au paravant, la vocation du nouvel arrivant, c’était de prendre le plis de la société dans laquelle il rejoignait. Plus il s’intégrait culturellement, plus il pouvait bénéfier des avantages de la société. La, on renverse le devoir d’intégration: désormais, pour mieux intégrer, la société d’acceuil doit s’effacer. [...] Chaque communauté voit l’état comme un buffet et peux aller se servir et mettre ses propres traditions… donc, autrement dit, ne pas s’intégrer à travers l’état-buffet.

[...]

Les Québécois ont une conscience très ferme de leur identité, mais leurs élites, c’est autre chose. Le problème au Québec, c’est pas envers les immigrants, qui normalement s’intègrent dans une société lorsqu’on leur dit clairement de s’intégrer; ce sont nos élites qui ont renoncées à assumer la culture parce que nos élites sont désormais persuadées qu’imposer sa propre culture, c’est de la discrimination.

[...]

Le politiquement correct, ca consiste à considerer comme une pathologie toute volonté de s’affirmer.

Depuis, le Mnistre Toni Tomassi a fait volte-face au sujet des garderies religieuse, mais les points de Bock-Côté restent tout à fait à propos… Pendant ce temps, du côté de La Presse, on nous dit de ne pas nous inquieter du future islamique du Québec.

S’agit-il ici de racisme, d’intolérance et/ou de xenophobie? Bien sûr que non. Personellement, je suis à 100% pour la pluri-ethnicité, mais il ne faut pas la confondre avec le multiculturalisme, qui est une manière de tolérer l’intolérable. Dans le contexte actuel de mondialisation, de fédéralisme néo-coloniale canadien et de l’état Desmarais, il est de notre devoir en tant que Québécois de faire tout en notre pouvoir pour préserver notre culture. Je souhaite la bienvenue à tous nouvel arrivant en sol Québécois et je l’accepte comme mon frère… tant et aussi longtemps qu’il ne cherche pas a imposer son mode de vie au détriment de nos valeurs qui ne sont pas discutables.

Je ne me vois pas débarquer en Arabie Saoudite et, sous le pretexte d’être un minorité la-bas, exiger de ne pas porter la barbe… Alors pourquoi accepte-t-on la lente mais assurée destruction de la laïcité de notre état et de ses traits communs?

Mise à jour : le bon vieux spectre de « t’es un racisssss! » refait surface par rapport à cette histoire, cette fois-ci à l’Assemblée Nationale:

Par ailleurs, le PQ demande des excuses à la ministre Christine St-Pierre, qui a traité Nicolas Girard de « raciste », lors d’échanges survenus hors micro à l’Assemblée nationale. M. Girard affirme que le gouvernement insulte l’opposition parce qu’il est à court d’arguments dans ce dossier.

Désolant.

Le vrai visage de Lucien Bouchard

Par JP, 20 février 2010 18 h 51 min

Excellente recherche de Me Pierre Cloutier sur notre lâcheux favori, Lucien Bouchard; à faire circuler néo-libéralement (haha, jeu de mots!)…

Bouchard et Desmarais

Bouchard et Desmarais

La vraie question qu’il faut se poser concernant Lucien Bouchard est simple : quels intérêts servait-il quand il était premier ministre de la « province » de Québec et quels intérêts sert-il maintenant?[1]

Ancien avocat des communautés religieuses au Saguenay, Lucien Bouchard a toujours été un « privilégié », pour ne pas dire un carriériste et un opportuniste. Libéral en 1970, il obtient plusieurs mandats du gouvernement du Québec (libéral et péquiste) entre 1970 et 1985[2] :

  • Président des tribunaux d’arbitrage dans le secteur de l’éducation (1970-1976) ;
  • Procureur principal de la commission Cliche d’enquête dans l’industrie de la construction (1974-1975) ;
  • Co-Président de la commission d’études sur les secteurs public et para-public (Commission Martin-Bouchard) (1975)
  • Coordonnateur et membre de plusieurs équipes spéciales de négociations du gouvernement du Québec avec les syndicats du secteur public.

En 1985, il est nommé ambassadeur du Canada en France par son ami Brian Mulroney, puis secrétaire d’État et ministre de l’Environnement dans le gouvernement Mulroney.[3]

De fédéraliste, il devient prétendument « souverainiste », ponctue ses discours de citations choisies de René Lévesque et fonde le Bloc québécois après l’échec des accords du Lac Meech. Dans son livre intitulé « Jacques Parizeau, vol.3 : le Régent », 1985-1995, le journaliste Pierre Deschênes raconte avec moultes détails tous les coups bas et les croc-en-jambe que Lucien Bouchard donne à Jacques Parizeau pour l’empêcher de réaliser son plan de match menant à l’indépendance, à un point tel qu’il est impossible aujourd’hui de faire assoir à la même table les 2 hommes.[1][4]

Après la démission de Jacques Parizeau, Lucien Bouchard devient premier ministre de la « province » de Québec. Jugeant que les « conditions gagnantes » pour un nouveau référendum ne sont pas au rendez-vous, il adopte une politique d’austérité provinciale pour le Québec, avec des coupes importantes dans la santé et l’éducation et la fusion des municipalités. En 2003, le résultat s’en fera sentir et le Parti québécois perdra le pouvoir.[5]

En décembre 2000, Lucien Bouchard est l’instigateur principal d’une motion de blâme – unique et déshonorante dans l’histoire de l’Assemblée Nationale – contre Yves Michaud[2] pour des propos tenus en privé avec le sénateur canadien Léo Kolbur, hommes affaires éminent de la communauté juive de Montréal et fédéraliste reconnu et notoire.[3] M. Michaud, privé de son droit le plus élémentaire de se défendre, n’en n’est jamais vraiment revenu.Ce fut son billet d’entrée dans le grand réseau de l’argent.[6]

En mars 2001, à mi-mandat, Lucien Bouchard démissionne comme premier ministre de la « province » de Québec et 3 semaines plus tard on le retrouve associé principal au cabinet juridique Davis Ward Philipps Vineberg, prestigieux bureau pan canadien de droit des affaires.[4] Ce cabinet[5] est celui qui s’occupe des questions légales entourant la vente de PCAA (« papier commercial adossé à des actifs ») pour la firme Coventree de Toronto, actuellement sous enquête par la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario.[6][7]

Quand Davis Ward Philipps Vineberg fait de l’argent, Lucien Bouchard, comme associé principal en fait aussi. Entre 2002 et 2006, on sait maintenant que la Caisse de dépôt et placement, sous la direction de Henri-Paul Rousseau, nommé malheureusement par Pauline Marois[7] en achète pour 13 milliards$, battant et de loin tous les records des institutions financières au Canada, un véritable désastre. Et personne n’oserait affirmer sans rire que Lucien Bouchard et Henri-Paul Rousseau ne se connaissent pas.[8]

Ceci est tellement vrai que, lorsque la Chambre de commerce de Montréal, présidée par Hélène Desmarais, de la célèbre famille du même nom, offre un micro doré à Henri-Paul Rousseau pour expliquer devant un parterre conquis d’avance que l’aventure du PCAA est un « mystère », qui est là pour l’applaudir et le couvrir? Lucien Bouchard, évidemment![8]
Non, il n’y en aura pas d’enquête sur la CDPQ!.Lucien Bouchard, Henri-Paul Rousseau, Jean Charest et Paul Desmarais, même combat![9]

On connait la suite : Henri-Paul Rousseau, ce supposé économiste pour le Oui en 1980, ancien président de la Banque Laurentienne, impliquée elle aussi, par sa filiale Laurentian Bank Securities[9] dans la vente du PCAA toxique, se retire avec une prime de départ substantielle de 380,000$[10]. Il va rejoindre la famille Desmarais chez Power Corporation, dont le fondateur Paul Desmarais, est le pire ennemi de l’indépendance nationale du Québec et il n’y va pas à pieds avec les mains vides, mais avec une option d’achats de 800 000 actions de Power.[11][10]

Pas étonnant, d’autre part, que, lorsqu’il inaugure son prestigieux domaine de Sagard en 2003, Paul Desmarais met Lucien Bouchard sur sa liste d’invités[12]. Comme dit l’adage : « Qui se rassemble s’assemble ». Une chose est sûre : ni Jacques Parizeau, ni Bernard Landry, ces authentiques patriotes n’ont été invités! Et je doute aussi que René Lévesque s’il eut vécu aurait reçu une invitation.[11]

Faut-il être surpris aujourd’hui que Lucien Bouchard nous déclare que l’indépendance nationale du Québec n’est pas « réalisable » et que le peuple québécois emprisonné dans le carcan fédéral doit se serrer la ceinture? Je repose la question : quels intérêts Lucien Bouchard défendait-il alors qu’il était premier ministre de la « province » de Québec et quels intérêts défend-t-il maintenant? Poser la question, c’est y répondre. Serait-il grossier d’affirmer sans se tromper que Lucien Bouchard a choisi son camp qui n’est pas celui des intérêts supérieurs du Québec mais celui des puissants réseaux d’intérêts privés qui squattent le semi-État cul de jatte que nous avons? Serait-il déraisonnable de dire que Lucien Bouchard a choisi le camp le plus payant, soit celui de l’argent? Face à l’argent, le peuple québécois n’est rien. Honte à vous, monsieur Bouchard![12]

Pierre Cloutier

(1) http://www.amazon.ca/Jacques-Parizeau-Régent-Pierre-Duchesne/dp/2764402805
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Michaud
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Leo_Kolber
(4) http://www.dwpv.com/fr/17625_4724.aspx
(5) http://research.cibcwm.com/commercialpaper/private/reports/Comet05102002.pdf
(6) http://www.lesaffaires.com/secteurs-d-activite/services-financiers/pcaa–la-cvmo-fait-comparaitre-coventree/507398
(7) http://www.ledevoir.com/economie/2130/henri-paul-rousseau-sera-president-de-la-caisse-de-depot)
(8) http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/quebec/200903/10/01-834854-lucien-bouchard-defend-henri-paul-rousseau.php
(9) http://research.cibcwm.com/commercialpaper/private/reports/Comet05102002.pdf
(10) http://argent.canoe.ca/infos/quebec/archives/2009/01/20090119-074403.html
(11) http://blogues.cyberpresse.ca/lapresseaffaires/dufour/2009/01/14/des-options-pour-henri-paul-rousseau/
(12) http://lcn.canoe.ca/infos/regional/archives/2003/08/20030830-203417.html

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