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Confusion nationale ou simplisme volontaire?

Par Jean-Philippe Décarie-Mathieu, 17 janvier 2013 13 h 17 min

L’éditeur en chef du Voir – et fervent partisan de notre émission – Simon Jodoin a écrit un billet sur la multiplication récente des groupes à l’intérieur du mouvement indépendantiste québécois. Un extrait:

Grosse semaine du côté de la mouvance indépendantiste. D’abord, le Conseil de la souveraineté nous a rappelé son existence en faisant part de la nomination de son nouveau président, Gilbert Paquette. Ensuite, le Nouveau Mouvement pour le Québec (NMQ) mené par Jocelyn Desjardins annonçait, le lendemain, la création de quelque chose de nouveau (encore!) sous la bannière Convergence nationale, avec l’appui de Bernard Landry et de Gilbert Paquette du Conseil de la souveraineté dont je vous parlais quatre lignes plus haut. Pour finir, à peu près au même moment, on nous présentait un nouveau groupe, Génération nationale, qui se propose de rassembler les souverainistes conservateurs plus à droite.

[...]

C’est vrai que, contrairement à tous ces gens très intelligents, je suis un peu con, mais j’ai la vague impression que ceux qui ont le plus de difficulté à comprendre le projet indépendantiste, ce sont les… indépendantistes.

Tout ceci découle de l’échec de pédagogie du PQ et de sa descente aux enfers – entraînant de ce fait une grosse partie des indépendantistes – depuis une quinzaine d’année. Le référendum-à-tout-prix, c’est l’art de mettre la charrue devant les boeufs au PQ; l’idée s’est métastasée à l’ensemble de l’entité politique depuis un bout déjà. On veut un pays mais on sait pas trop il aura l’air de quoi… pas trop allumant pour monsieur-madame tout le monde, ça.

Pour ce qui est d’aller convaincre les Autres(tm), y’a déjà Option nationale qui abonde dans cette direction…. en partie, du moins. Ce que Jodoin ne mentionne pas (par ignorance ou par exprès, peu importe), c’est qu’il y a aussi les Autres(tm) à l’intérieur même du mouvement indépendantiste: voir ici les souverainistes de droite, les nationalistes plus conservateurs, les républicains et tout le reste qui ne fitte pas dans le cadre du bon souveraineux inefficace et politiquement-correct du PQ/ON/QS, le cul fendu en quatre pour plaire à tout le monde mais ne rejoignant qu’une poignée de convaincus via la prêche à sa paroisse.

L’unité des forces souverainistes n’est pas ce qu’elle était en ’94-’95 – non seulement il y a l’Autre Bord(tm) à rejoindre mais il y a aussi les guerres d’ego à écraser à l’intérieur même du mouvement. C’est une guerre à deux fronts. Texte simpliste et titre trompeur (ce n’est pas autant de la « confusion » que de l’éparpillement) mais le paragraphe cité plus haut à au moins le mérite de cerner une partie du problème.

Le destin du Québec, tel que vu par l’Ontario: Sabia, la CDP et le GRSP

Par Jean-Philippe Décarie-Mathieu, 3 février 2012 12 h 06 min

Michael Sabia lors d'une soirée donnée en l'honneur de André Desmarais

Pendant qu’ici on donne dans la petite politique provinciale, l’élite financière  intégrée à l’apparatchik de l’état Québécois s’organise main dans la main, confortablement; transfuge de Toronto pour rediriger la Caisse de dépôt et de placement dans la même direction que les intérêts de la ville-reine, Michael Sabia aime bien se prélasser au domaine Sagard:

M. Sabia et sa petite famille étaient les invités du président et cochef de la direction de Power Corporation, André Desmarais, au cours de la fin de semaine des 12, 13 et 14 août.

[...]

À la Caisse de dépôt, le porte-parole, Maxime Chagnon, a insisté pour dire qu’il s’agissait d’une simple  activité sociale» à laquelle M. Sabia s’est rendu, en voiture, avec sa femme et sa fille. «Suggérer autre chose que l’activité sociale serait purement mensonger, a-t-il dit. Il n’y avait aucun lien avec son travail.»

Bien sûr que non; tout le monde sait très bien qu’il n’y a jamais aucune décision prise, dans ce bas monde, derrière des portes closes, loin des caméras et de la racaille populaire.

Le Robin des banques n’acquiesce pas:

Yves Michaud, du Mouvement de défense des actionnaires, n’est pas d’accord. «Administrer le bas de laine des Québécois, il faut le faire avec pudeur et retenue, a-t-il tonné. Dans ce cas-là, il n’y a eu ni pudeur ni retenue.» M. Michaud trace un parallèle avec «[Henri-Paul] Rousseau, président de la Caisse au moment où 40 milliards $ sont partis en fumée lors de la grande crise de 2008, devenu vice-président de Power Corporation quelques semaines après avoir quitté la Caisse »

Aussi, la classe politique québécoise – du moins, quelques anciens députés battus par le peuple, comme c’est winner – vont « Parler Qc » dans la langue de Shakespeare à Toronto. Le but? Intéresser les canadiens-anglais par la question nationale du Québec:

Les organisateurs, le Groupe de recherche sur les sociétés plurinationales (GRSP) de l’UQAM et la School of Public Policy and Governance de l’Université de Toronto, précisent que la conférence The Quebec Question for the Next Generation «est donnée en anglais uniquement». On compte parmi les conférenciers venus du Québec l’ancien premier ministre Bernard Landry, le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, l’ancien député péquiste Daniel Turp et la professeure de droit constitutionnel Eugénie Brouillet.

À défaut d’en parler ici, au Québec, j’imagine qu’ils peuvent toujours le faire à l’extérieur de la nation… ça me semble parfaitement inutile; après tout, les canadiens-anglais nous adorent.

Épisode 11 – L’état du mouvement souverainiste avec Christian Bergevin

Par Jean-Philippe Décarie-Mathieu, 31 mars 2010 23 h 11 min
JP, Christian et Mathieu

JP, Christian et Mathieu

Le onzième épisode des Fils de la Liberté est maintenant disponible en baladodiffusion. Cette semaine, nous recevons l’ancien collaborateur-vedette des Maniacos-Répressifs, militant vétéran, monument de Québec-Radio, co-idéateur du Parti Indépendantiste et brasseur de marde profesionnel Christian Bergevin qui nous parle de son rôle dans l’Affaire Michaud et nous donne son avis sur l’état du mouvement souverainiste.

L’émission a été enregistrée le lundi 29 mars 2010.

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Sources et documentation

Les liens avec une astérisque (*) sont en anglais.

Le vrai visage de Lucien Bouchard

Par Jean-Philippe Décarie-Mathieu, 20 février 2010 18 h 51 min

Excellente recherche de Me Pierre Cloutier sur notre lâcheux favori, Lucien Bouchard; à faire circuler néo-libéralement (haha, jeu de mots!)…

Bouchard et Desmarais

Bouchard et Desmarais

La vraie question qu’il faut se poser concernant Lucien Bouchard est simple : quels intérêts servait-il quand il était premier ministre de la « province » de Québec et quels intérêts sert-il maintenant?[1]

Ancien avocat des communautés religieuses au Saguenay, Lucien Bouchard a toujours été un « privilégié », pour ne pas dire un carriériste et un opportuniste. Libéral en 1970, il obtient plusieurs mandats du gouvernement du Québec (libéral et péquiste) entre 1970 et 1985[2] :

  • Président des tribunaux d’arbitrage dans le secteur de l’éducation (1970-1976) ;
  • Procureur principal de la commission Cliche d’enquête dans l’industrie de la construction (1974-1975) ;
  • Co-Président de la commission d’études sur les secteurs public et para-public (Commission Martin-Bouchard) (1975)
  • Coordonnateur et membre de plusieurs équipes spéciales de négociations du gouvernement du Québec avec les syndicats du secteur public.

En 1985, il est nommé ambassadeur du Canada en France par son ami Brian Mulroney, puis secrétaire d’État et ministre de l’Environnement dans le gouvernement Mulroney.[3]

De fédéraliste, il devient prétendument « souverainiste », ponctue ses discours de citations choisies de René Lévesque et fonde le Bloc québécois après l’échec des accords du Lac Meech. Dans son livre intitulé « Jacques Parizeau, vol.3 : le Régent », 1985-1995, le journaliste Pierre Deschênes raconte avec moultes détails tous les coups bas et les croc-en-jambe que Lucien Bouchard donne à Jacques Parizeau pour l’empêcher de réaliser son plan de match menant à l’indépendance, à un point tel qu’il est impossible aujourd’hui de faire assoir à la même table les 2 hommes.[1][4]

Après la démission de Jacques Parizeau, Lucien Bouchard devient premier ministre de la « province » de Québec. Jugeant que les « conditions gagnantes » pour un nouveau référendum ne sont pas au rendez-vous, il adopte une politique d’austérité provinciale pour le Québec, avec des coupes importantes dans la santé et l’éducation et la fusion des municipalités. En 2003, le résultat s’en fera sentir et le Parti québécois perdra le pouvoir.[5]

En décembre 2000, Lucien Bouchard est l’instigateur principal d’une motion de blâme – unique et déshonorante dans l’histoire de l’Assemblée Nationale – contre Yves Michaud[2] pour des propos tenus en privé avec le sénateur canadien Léo Kolbur, hommes affaires éminent de la communauté juive de Montréal et fédéraliste reconnu et notoire.[3] M. Michaud, privé de son droit le plus élémentaire de se défendre, n’en n’est jamais vraiment revenu.Ce fut son billet d’entrée dans le grand réseau de l’argent.[6]

En mars 2001, à mi-mandat, Lucien Bouchard démissionne comme premier ministre de la « province » de Québec et 3 semaines plus tard on le retrouve associé principal au cabinet juridique Davis Ward Philipps Vineberg, prestigieux bureau pan canadien de droit des affaires.[4] Ce cabinet[5] est celui qui s’occupe des questions légales entourant la vente de PCAA (« papier commercial adossé à des actifs ») pour la firme Coventree de Toronto, actuellement sous enquête par la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario.[6][7]

Quand Davis Ward Philipps Vineberg fait de l’argent, Lucien Bouchard, comme associé principal en fait aussi. Entre 2002 et 2006, on sait maintenant que la Caisse de dépôt et placement, sous la direction de Henri-Paul Rousseau, nommé malheureusement par Pauline Marois[7] en achète pour 13 milliards$, battant et de loin tous les records des institutions financières au Canada, un véritable désastre. Et personne n’oserait affirmer sans rire que Lucien Bouchard et Henri-Paul Rousseau ne se connaissent pas.[8]

Ceci est tellement vrai que, lorsque la Chambre de commerce de Montréal, présidée par Hélène Desmarais, de la célèbre famille du même nom, offre un micro doré à Henri-Paul Rousseau pour expliquer devant un parterre conquis d’avance que l’aventure du PCAA est un « mystère », qui est là pour l’applaudir et le couvrir? Lucien Bouchard, évidemment![8]
Non, il n’y en aura pas d’enquête sur la CDPQ!.Lucien Bouchard, Henri-Paul Rousseau, Jean Charest et Paul Desmarais, même combat![9]

On connait la suite : Henri-Paul Rousseau, ce supposé économiste pour le Oui en 1980, ancien président de la Banque Laurentienne, impliquée elle aussi, par sa filiale Laurentian Bank Securities[9] dans la vente du PCAA toxique, se retire avec une prime de départ substantielle de 380,000$[10]. Il va rejoindre la famille Desmarais chez Power Corporation, dont le fondateur Paul Desmarais, est le pire ennemi de l’indépendance nationale du Québec et il n’y va pas à pieds avec les mains vides, mais avec une option d’achats de 800 000 actions de Power.[11][10]

Pas étonnant, d’autre part, que, lorsqu’il inaugure son prestigieux domaine de Sagard en 2003, Paul Desmarais met Lucien Bouchard sur sa liste d’invités[12]. Comme dit l’adage : « Qui se rassemble s’assemble ». Une chose est sûre : ni Jacques Parizeau, ni Bernard Landry, ces authentiques patriotes n’ont été invités! Et je doute aussi que René Lévesque s’il eut vécu aurait reçu une invitation.[11]

Faut-il être surpris aujourd’hui que Lucien Bouchard nous déclare que l’indépendance nationale du Québec n’est pas « réalisable » et que le peuple québécois emprisonné dans le carcan fédéral doit se serrer la ceinture? Je repose la question : quels intérêts Lucien Bouchard défendait-il alors qu’il était premier ministre de la « province » de Québec et quels intérêts défend-t-il maintenant? Poser la question, c’est y répondre. Serait-il grossier d’affirmer sans se tromper que Lucien Bouchard a choisi son camp qui n’est pas celui des intérêts supérieurs du Québec mais celui des puissants réseaux d’intérêts privés qui squattent le semi-État cul de jatte que nous avons? Serait-il déraisonnable de dire que Lucien Bouchard a choisi le camp le plus payant, soit celui de l’argent? Face à l’argent, le peuple québécois n’est rien. Honte à vous, monsieur Bouchard![12]

Pierre Cloutier

(1) http://www.amazon.ca/Jacques-Parizeau-Régent-Pierre-Duchesne/dp/2764402805
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Michaud
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Leo_Kolber
(4) http://www.dwpv.com/fr/17625_4724.aspx
(5) http://research.cibcwm.com/commercialpaper/private/reports/Comet05102002.pdf
(6) http://www.lesaffaires.com/secteurs-d-activite/services-financiers/pcaa–la-cvmo-fait-comparaitre-coventree/507398
(7) http://www.ledevoir.com/economie/2130/henri-paul-rousseau-sera-president-de-la-caisse-de-depot)
(8) http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/quebec/200903/10/01-834854-lucien-bouchard-defend-henri-paul-rousseau.php
(9) http://research.cibcwm.com/commercialpaper/private/reports/Comet05102002.pdf
(10) http://argent.canoe.ca/infos/quebec/archives/2009/01/20090119-074403.html
(11) http://blogues.cyberpresse.ca/lapresseaffaires/dufour/2009/01/14/des-options-pour-henri-paul-rousseau/
(12) http://lcn.canoe.ca/infos/regional/archives/2003/08/20030830-203417.html

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