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La CIA & les fondations privées bona fide

Par JP, 28 septembre 2010 23 h 33 min

Voici l’annonce pour la 81e conférence du chercheur Benoit Perron qui aura lieu au Pavillon Sherbrooke de l’UQAM (200 Sherbrooke Ouest, local SH-3580) le mercredi 29 septembre à 19h. Soyez-y!

La CIA & les fondations privées bona fide

ford-foundation-logoEn 1890, le sénateur républicain John Sherman de l’Ohio s’attaque au pouvoir excessif d’un puissant trust en situation de quasi-monopole; le Standard Oil Trust, fondé en 1870 par le baron du pétrole John D. Rockefeller. Le 5 mai 1911, le Sherman Anti-Trust Act force le démantèlement de l’empire Rockefeller en 34 entités distinctes. Les puissants barons industriels surnommés «barons voleurs» sont aux abois. Pour placer leur imense fortune à l’abri des lois de l’impôt du trésor américain, les barons voleurs fondent des fondations privées de bonne foi (bona fide).

À New York en 1911, le baron de l’acier Andrew Carnegie, qui a fait fortune à Pittsburgh avec la Carnegie Steel Company (renommée U.S. Steel), fonde la Carnegie Corporation Of New York avec une mise de fonds initiale de 135 millions $. Deux ans plus tard, à New York, le baron voleur le plus riche des états-unis, John D. Rockefeller, fonde la Rockefeller Foundation. Parmi ses directeurs, on retrouve John Davis (président fondateur du Council On Foreign Relations – CFR), John Foster Dulles (avocat chez Sullivan & Cromwell), John McCloy (CIA), Robert Lovett (Skull & Bones, CIA, banque Brown Brothers Harriman), Charles Fahs (CIA), Chadbourne Gilpatrick (CIA), etc. La Rockefeller Foundation finance le Museum Of Modern Art (MOMA), fondé en 1929 à New York par le clan Rockefeller et dirigé par Nelson Rockefeller qui supervise le Comité de coordinaton des affaires inter-américaines, le réseau d’espionnage du président américain Roosevelt en Amérique latine durant la Seconde guerre mondiale.

En 1917, à New York, le baron du cuivre qui a fait fortune dans l’industrie de l’armement, Cleveland H. Dodge, fonde sa fondation privé qui se spécialise dans le financement d’institutions éducatives et d’ONG actives au Moyen-Orient. Henry Ford, baron de l’automobile (Ford Motor Company), fonde à New York en 1936 sa propre fondation privée. Les directeurs de la Ford Foundation sont John McCloy (CIA), Richard Bissel (IA), Allen Dulles (avocat chez Sullivan & Cromwell – CIA), Tracy Barnes (CIA), etc. La Ford Foundation finance de nombreux organisme dont le CFR, Congrès pour la liberté de la culture (organisation-écran fondée par la CIA en 1950 pour mener une guerre froide culturelle souterraine contre le communisme partout sur la planète), etc. En réalité, la Ford Foundation collabore étroitement avec la CIA dès 1947 pour le fiancement des opérations clandestines en Europe et en Amérique latine.

En février 1957, la Ford Foundation verse 30 000$ au groupe Bilderberg pour financer la réunion annuelle de ses membres cooptés réunis pour la première fois aux États-Unis dans les Îles St-Simons en Georgie dans un hôtel appartenant au magnat financier David Rockefeller (Chase Manhattan Bank).

En 1973, les bureaux de la Ford Foundation au Chili serviront de qartier général pour les agents de la CIA impliqués dans le coup d’état contre le président Salvador Allende. Le baron des médias Henry Luce (Skull & Bones), fondateur de Time Incorporated (Time Magazine, Fortune, Life Magazine, Sports Illustrated, etc.), crée the Henry Luce Fondation en 1936 à New York qui finance notamment The Asia Foundation (une fondation-conduit de la CIA fondée en Californie en 1951), CFR, American Jewish Committee, Congrès pour la liberté de la culture, etc.

Découvrez les cinq chevaux de troie des services secrets américains, les fondations de premier plan qui ont privatisé la politique étrangère de washington au profit d’une coterie élitiste philanthropoïde…

Date : mercredi 29 septembre 2010
Local : SH-3580
Heure : 19.00
Admission générale : 15$
Endroit : UQAM, pavillon Sherbrooke – 200 Sherbrooke ouest (métro Place-des-Arts)
Info : 514-392-0095 ou perronb@sympatico.ca

CIA, OTAN, MI6 & la guerre froide culturelle (1945 – 1955) – deuxième partie

Par JP, 26 mai 2010 14 h 43 min

Voici l’annonce pour la 79e conférence du chercheur Benoit Perron qui aura lieu au Pavillon Sherbrooke de l’UQAM (200 Sherbrooke Ouest, local SH-3560) ce soir à 19h. Soyez-y!

CIA, OTAN, MI6 & la guerre froide culturelle (1945 – 1955) – deuxième partie

Guerre froideDepuis la fin de la seconde guerre mondiale, Moscou et Washington se livrent une féroce lutte souterraine par pays interposés sur fond de guerre froide. Dès 1949, Washington et l’OTAN lancent l’Opération Rollback qui prévoit l’utilisation de la force militaire pour extirper les communistes des sphères d’influence occidentales. Devant la menace de l’alliance atlantique de l’OTAN, Moscou crée le Pacte de Varsovie le 14 mai 1955 avec huit pays satellites d’Europe de l’est. Puisque l’affrontement direct entre les deux superpuissances est impensable, Washington autorise la CIA à mettre en place des opérations clandestines constituant un front culturel complexe et richement financées à l’ouest par la CIA via des fondations privées et des compagnies privées.

C’est ainsi qu’est fondé en 1950 le Congrès pour la liberté de la culture (CLC) sous le nom de code QKOPERA. Sous prétexte de promouvoir la liberté d’expression et les arts libres, les intellectuels-espions du CLC partent en mission secrète, tels des croisés modernes, à la conquête des esprits libres pour implanter l’idéologie de la libre entreprise sur fond de guerre idéologique. Le CLC recrute des intellectuels renommés tels que : Arthur Koestler, Michael Polanyi, Tennessee Williams, Ernest Hemingway, Hannah Arendt, André Malraux, André Gide, Raymond Aron, Denis de Rougemont, Mircea Eliade, Bertrand Russell, T.S. Eliot, etc. Ces écrivains-espions vont collaborer aux revues du CLC (Preuves, Der Monat, Encounter) et seront rénumérés par la CIA via des fondations privées (Ford, Rockefeller, Fairfield, Asia).

Le 16 décembre 1955, une réunion secrète regroupant les chefs d’état-major des trois armées américaines se déroule à Washington pour lancer l’opération Liberté militante, une opération de guerre psychologique et de propagande doctrinale visant à introduire le thème liberté dans les films américains produits à Hollywood. Les producteurs John Ford, Merian Cooper, Cornelius Vanderbilt Whitney (C.V. Whitney Pictures) et les acteurs John Wayne et Ward Bond deviennent les porte-étendards de la Pax Americana. La C.V. Whitney Pictures et le Whitney Trust de Cornelius Vanderbilt Whitney servent de couvertures pour la CIA.

En 1961, le président démocrate Kennedy invite 166 artistes liés au CLC à la Maison-blanche pour ses cérémonies d’investiture tandis qu’à l’est s’érige le mur de Berlin. Le 11 mai 1962, le président Kennedy donne un dîner d’honneur à la Maison-blanche pour le nouveau ministre français de la culture, André Malraux. En août 1964, le représentant démocrate du Texas, Wright Patman, dépose son rapport d’enquête sur l’exemption de taxes des fondations privées américaines. Le rapport Patman révèle que huit fondations privées ne sont en réalité que des boîtes aux lettres servant de couverture pour la CIA pour le financement de ses opérations clandestines. Ce sont : Gotham Funds, Michigan Funds, Price Funds, Edsel Funds, Andrew Hamilton Funds, Borden Trust, Beacon Funds, Kentfield Funds.

Le 29 mars 1967, le sous-secrétaire d’état du président démocrate Johnson, Nicholas Katzenbach, dépose son rapport d’enquête sur le financement clandestin d’organismes américains. La commission Katzenbach interdit dorénavant tout financement clandestin à des organismes américains par la CIA qui réagit immédiatement en créant de nouveaux circuits clandestins de financement. Projeté sous les feux de la rampe par les révélations des enquêtes Patman et Katzenbach, le CLC change de nom pour celui d’Association internationale pour la liberté de la culture (AILC) à l’été 1967. En janvier 1979, l’AILC, présente dans plus de 35 pays et finançant plus d’une centaine de revues, se saborde.

Découvrez comment une contre-intelligentsia arriérée-CIA a fait l’apologie d’un nouvel âge des ténêbres (surnommé « siècle américain ») et scellé une $ainte-alliance avec dieu et Mammon pour l’endiguement culturel de Moscou et l’encerclement idéologique des socialistes-démocrates du monde libre pour imposer la destinée manifeste du nouvel ordre idéologique des marchands du temple de la libre entreprise; l’overclass WASP…

Assistez à la 79ème conférence de Benoit Perron, animateur des émissions Zone de résistance (CISM 89,3 FM) et l’Éconoxydable (101,5 FM).

Date : mercredi 26 mai 2010
Local : SH-3560
Heure : 19.00
Admission générale : 15$
Endroit : UQAM, pavillon Sherbrooke – 200 Sherbrooke ouest (métro Place-des-Arts)
Info : (514) 392-0095 ou perronb@sympatico.ca

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