Category: Éditoriaux

Il y a un trou dans mon soulier – Israël accuse l’Iran

Par Jean-Philippe Décarie-Mathieu, 15 février 2012 13 h 33 min

Une séries d’explosions hier en Thaïlande seraient, selon les responsables du pays, « reliées aux tensions internationales ». Si vous croyez que cette affirmation est vague, attendez de lire le reste:

Un individu en possession d’un passeport iranien a été blessé dans une série d’explosions aux circonstances encore très floues, mais qu’Israël a immédiatement liée aux attentats de lundi en Inde et en Géorgie, en accusant Téhéran.

[...]

Les autorités ne pouvaient pas mercredi définir quelles étaient les cibles de l’opération. Mais Tel-Aviv a immédiatement accusé le régime de Téhéran.

«La tentative d’attaque à Bangkok prouve une fois de plus que l’Iran et ses affidés continuent d’agir par les moyens du terrorisme, et les derniers attentats en sont un exemple», a affirmé le ministre israélien de la Défense Ehud Barak, selon un communiqué de son bureau.

Quelqu’un pourrait m’expliquer comment un « terroriste » serait assez intelligent et organisé pour mettre en branle ce genre d’opération sur la scène internationale mais assez con pour transporter des papiers d’identification sur lui au moment de commettre un tel acte?

C-30: « Vous êtes avec nous ou vous êtes avec les pédophiles »

Par Jean-Philippe Décarie-Mathieu, 13 février 2012 23 h 40 min

Un appel à l’émotion sans aucune subtilité, du populisme de bas-étage… voila ce que ça donne quand les Réformistes et les Alliancistes du Western Canada sont au pouvoir. Si vous êtes contre le projet de loi C-30, vous êtes pour les pédophiles… ben oui, tsé. Et la vie privée, elle? Pour emprunter l’expression de notre collaborateur André Forget, « on décrisse tu, viarge? » Le minus de l’insécurité publique n’a pas fait dans la subtilité aujourd’hui:

Le gouvernement affirme que quiconque s’opposant aux plans fédéraux visant à faciliter la surveillance électronique par la police et les services de sécurité est du côté des pédophiles.

[...]

Interrogé lundi à la Chambre des communes à propos du futur projet de loi, le ministre de la Sécurité publique Vic Toews a dit à un député libéral qu’il pouvait se ranger du côté du gouvernement ou «des pédophiles» qui sévissent en ligne.

Maudite belle pensée binaire et simpliste. C’est TRÈS rare que je vais utiliser cette expression surfaite (d’après moi)… mais c’est carrément fascisant comme style de politique. Les années Bush américaines sont maintenant dans ce merveilleux pays de merde qu’est le Canada.

Fuck you very much, Vic.

Le régime de Harper prévoit introduire le projet de loi C-51

Par Isa Crimonie, 12 février 2012 18 h 19 min

Big Brother

Le Gouvernement conservateur projette de présenter une loi la semaine prochaine qui permettrait à la police de mieux contrôler les habitudes de navigations de Canadiens et de les pister par surveillance électronique.

projet

Order Paper and Notice Paper no 79

Intitulé projet de loi C-51, la « Loi édictant la Loi sur les enquêtes visant les communications électroniques criminelles et leur prévention et modifiant le Code criminel et d’autres lois », obligerait les fournisseurs de services Internet (FSI) à installer de l’équipement qui leur permettrait de surveiller et de conserver les données de navigation Internet de leurs clients. Les fournisseurs pourraient se voir demandés par la police de recueillir et conserver les données de navigation d’une personne soupçonnée de se livrer à des activités criminelles.

La Loi rend également la procédure plus facile pour les autorités répressives  d’activer des mécanismes de suivi dans les téléphones cellulaires afin qu’ils puissent connaître des allées et venues des personnes soupçonnées de crime. S’ils sont soupçonnés d’être des terroristes internationaux, la loi permettrait à ce suivi d’aller jusqu’à un an, plutôt que la limite actuelle de 60 jours. The Gazette

Sans mandat

Les opposants au projet de loi soutiennent que les nouvelles dispositions légales permettraient à la police d’obtenir des informations personnelles sur un suspect chaque fois qu’ils le souhaitent sans l’obtention préalable d’un mandat, alors que les lois actuelles permettent seulement à la police d’éviter un mandat dans les situations d’urgence. Financial Post

Un lobby policier

Voici un courriel envoyé aux différents services de police par le Canadian Association of Chiefs of Police (CACP/ACCP) les enjoignant de réunir «des exemples démontrant la nécessité de ces mesures législatives aux yeux du gouvernement, des groupes voués à la défense de la vie privée, des médias, de la police et, surtout, du public.»

Demande importante à tous les services de police au sujet des projets de loi sur l’accès légal

Le gouvernement du Canada présentera probablement des projets de loi sur l’accès légal au début de 2012.

Le Comité sur la modification des lois (CML) et le Sous-comité de la surveillance électronique légalement autorisée (SLEA) ont assumé l’initiative des efforts déployés par l’ACCP depuis 12 ans pour presser les gouvernements successifs d’adopter ce genre de mesures législatives. Celles-ci jouissent d’un vaste appui au Parlement, mais il y a aussi certains opposants importants. Le CML et le SLEA s’emploient en votre nom à informer le public et à répondre aux critiques.

Une des critiques formulées par des défenseurs des libertés civiles et de la vie privée est que les instances policières n’ont pas satisfait au fardeau de la preuve qui leur incombe pour démontrer la nécessité de ces mesures législatives. Nous estimons avoir convaincu le gouvernement, mais nous devons aussi convaincre le public canadien. Il importe en particulier de le faire au sujet des renseignements concernant les noms et adresses des abonnés (NAA). Les projets de loi contiendront une disposition permettant à certains agents de police désignés de contraindre les fournisseurs de services Internet et fournisseurs de services de télécommunication de communiquer ce genre de renseignements sur demande, sans mandat. Il y aura aussi une exigence en matière de vérification, selon laquelle ces demandes de renseignements devront être signalées au gouvernement. Selon l’état actuel de la loi, ces renseignements peuvent déjà être demandés sans mandat et ils peuvent être communiqués à la police à titre volontaire. L’expérience de vos enquêteurs démontre toutefois que ces demandes suscitent des réponses variables et parfois de la résistance.

Ces mesures législatives sont un outil essentiel pour rectifier ce problème. Elles ont été critiquées principalement en raison d’une mauvaise information. L’ACCP s’efforce d’y parer en présentant des exemples probants de l’importance que revêt un accès rapide et généralisé de la police aux NAA. Dans cette optique, le CML a demandé à la Section de la planification, de la recherche et de la vérification du Service de police de Vancouver de coordonner la collecte d’exemples réels où soit l’accès aux NAA a été un atout efficace et important dans une enquête, soit le refus d’un fournisseur de services de communiquer les renseignements a entravé une enquête ou menacé la sécurité publique.

Nous savons qu’une démarche semblable a été entreprise il y a environ deux ans, mais le rapport qui en a découlé ne comportait pas un nombre suffisant d’exemples décisifs. Nous savons aussi que certains exemples peuvent révéler des renseignements opérationnels confidentiels et que vos enquêteurs sont par conséquent réticents à en communiquer les détails. Pourtant ce genre d’information est nécessaire pour parer aux critiques mal informées. Il est impératif que nous réunissions des exemples démontrant la nécessité de ces mesures législatives aux yeux du gouvernement, des groupes voués à la défense de la vie privée, des médias, de la police et, surtout, du public. Cette question est de la plus haute importance. Nous sollicitons donc votre concours afin de réunir cette information, en vous demandant d’indiquer à vos membres qu’il est vital de fournir les renseignements voulus pour aider à faire adopter les projets de loi. Il est entendu qu’il importe de protéger les renseignements opérationnels tout en nous donnant les éléments voulus pour informer le public et les autres parties intéressées.

Nous vous demandons de bien vouloir charger les personnes compétentes au sein de votre organisation de communiquer les renseignements voulus, à titre prioritaire, au plus tard le 20 janvier 2012. Veuillez répondre par écrit, sous forme soit de message de courriel, soit de pièce jointe à un courriel.

Les coordonnées de votre interlocuteur à la Section de la planification, de la recherche et de la vérification du Service de police de Vancouver, à qui vous pouvez adresser votre réponse, sont les suivantes :

#####

Conseillère en planification stratégique et politiques
Section de la planification, de la recherche et de la vérification

Service de police de Vancouver
#####
#####

Cordialement,
#####

Chef adjoint
Division des enquêtes
Service de police de Vancouver
####

Selon le professeur de droit de l’Université d’Ottawa, Michael Geist, les autorités seraient en mesure d’utiliser l’équipement pour identifier  les numéros de téléphone cellulaire des gens assistant à une manifestation et être ensuite en mesure de demander à une compagnie de téléphone cellulaire de révéler des informations personnelles des gens attachés à ces numéros. La police pourrait alors pister leurs comportements de navigation et contrôler leurs mouvements en pistant leurs téléphones cellulaires.

«As an example of the new powers, Geist said authorities would be able to use equipment to find the cellular phone numbers of people attending a protest, and then be able to ask a cellular phone company to disclose personal information of the people attached to those cellular phone numbers. Police could then track their web behaviours and monitor their movements by tracking their cellular phones.» The Gazette

Une campagne de dénonciation, Stop Online Spying, amorcée par OpenMedia.ca a cours depuis quelques mois. Il est plus que temps d’empêcher les Conservateurs et la police d’espionner impunément les citoyens.

Le Canada, terre de la schizophrénie linguistique

Par Mathieu Duchesne, 8 février 2012 16 h 24 min

Si vous prenez le temps de suivre l’actualité nationale, vous avez sans doute déjà remarqué que depuis que le gouvernement conservateur est devenu majoritaire, les coupures dans les postes institutionnels bilingues au Canada se multiplient. Surpris ? Non pas du tout. Car nous vivons la politique du pire à tous les niveaux dernièrement. Je suis d’ailleurs encore surpris de ne pas avoir entendu le gouvernement Harper déclarer que nous devrions prêter serment à la monarchie british tous les matins au bureau avant de commencer à travailler, vous savez, comme dans certains régimes totalitaires digne de ce nom. Mais ce n’est pas là le vif de mon sujet ! En fait, je voulais vous partager une analyse personnelle de la situation linguistique autant au Canada qu’au Québec de nos  »amis » anglo-saxons. Ceux-ci vivent ces temps-ci des troubles profonds au plan de leurs identités nationales, le genre de problématique qui risque de faire un effet de tsunami sur l’avenir de ce semblant de pays qu’est le Canada. Je voudrais rappeler que je ne suis pas un expert ici et comme mes autres collègues des Fils de la Liberté, je ne suis qu’un vulgaire citoyen qui ose parler sans avoir les certifications et les diplômes requis. Le grand crime quoi! Mais bon voilà, je me lance malgré tout!

bilinguisme canadaDepuis à peine une décennie, le «Rest of Canada» semble en avoir soupé du bilinguisme à la Trudeau. Un projet de société qui fut propulsé à des niveaux quasi-galactiques avec le Parti Libéral  du Canada qui en faisait sa raison d’être depuis des dizaines d’années. Un parti qui est d’ailleurs devenu récemment un symbole de corruption à travers tout le pays après le fameux scandale des commandites. Salissant du même coup tous ses aspects idéologiques aux yeux des électeurs canadiens qui les ont foutus jusqu’en dehors de l’opposition officielle à la dernière élection. Le bilinguisme institutionnel à la sauce PLC devint donc, de facto, indirectement souillé par ses promoteurs initiaux laissant un autre goût amer  de plus dans la bouche de la population canadienne. Un Canada bilingue coast to coast, faussement uni dans un état d’esprit qui n’a jamais vraiment existé. Il est important aussi de noter que les vielles blessures de la Conquête n’ont jamais vraiment disparues non plus. Les anglophones ont souvent encore cette attitude typique du propriétaire terrien qui corrige l’esclave (le franco ici) peu obéissant, qui ose remettre en question ses politiques seigneuriales. Et certains francophones ont malheureusement conservé cette attitude de conquis qui ne grognent que pour du vent, sans jamais chercher à s’unir pour obtenir quelque chose de plus ambitieux. Un simple coup de bâton écrase rapidement leur courage et leur détermination. Oui certes, ce sont des portraits très caricaturaux, mais ils sont tristement le reflet des bases de la mentalité du «Conquérant contre le Colonisé». Certains traumatismes ne se guérissent pas même avec les meilleures illusions du monde. Ces mentalités existent encore de nos jours et les gens en sont tristement prisonniers. L’âme du Canada est foncièrement cassée en deux depuis le tout début et elle le restera encore pour bien longtemps. De plus, si nous sommes moindrement conscientisés à ce qui nous entoure, nous remarquons rapidement les différences autant idéologiques que culturelles qui existent entre le Québec et le ROC, elles sont presque abyssales . C’est pratiquement deux nations imbriquées dans une seule, bien que le bilinguisme institutionnel fut probablement profitable pour conserver ce semblant d’unité canadienne dans un semblant de statu quo. Elle a permit aussi aux francophones hors Québec de survivre à l’épreuve du temps et de se faire croire qu’ils avaient encore le droit d’exister en français. Les subventions liées au bilinguisme institutionnel ont permis de faire bénéficier ces petites communautés  francophones de moyens financiers, bien que parfois trop maigre. Ces subventions leur ont quand même permis  d’entretenir la maigre flamme de leur identité vacillante . Cette dernière  risquerait inévitablement de se faire assimiler dans cet océan anglo-saxon si rien n’était fait pour la sauvegarder adéquatement. Certains diront que tout cet argent qui leur est donné est aussi un cadeau amer d’ Ottawa qui tente vainement de se racheter après avoir jadis quasi «purgé» le fait français à travers le Canada . C’était à cette époque pas si lointaine où les anglo-saxons radicaux ne se cachaient même pas pour «chasser» tout ce qui n’étaient pas blancs, anglophones et protestants du reste du pays. Je parle ici de ce passé où les fameuse loges orangistes étaient légions et quand l’identité loyaliste-britannique du Canada était encore présente.

Maintenant tournons-nous ici vers l’argent, cette chose qui est tristement le nerf de toutes les causes dans les sociétés humaines. Elle avait  jadis permis à ces groupuscules orangistes de pratiquement vaincre le fait français à travers le Canada . L’argent qui encore aujourd’hui met des nations à genoux via les grandes banques et qui sans opposition a permis de grossir les rangs des traîtres que nous avons autant au Québec qu’ailleurs dans le pays. Le dieu Dollar, ce fléau ultime de notre époque et l’arme de destruction massive la plus sournoise jamais conçue. Et c’est une chose que l’actuelle droite canadienne, généralement issue de l’ouest du pays, a bien comprise. Depuis à peine une décennie, cette nouvelle droite issue du vacuum idéologique et culturel laissé par le PLC au cours de son long règne avance sans trop d’opposition pour implanter son agenda. Leur motto est « Plus de privés et moins de gouvernement!». Un discours facile et faussement populiste dans une fédération qui n’avait plus de projets politiques rassembleurs et plus aucune identité nationale précise depuis un bon moment. Sans parler des nombreuses années à avoir subit un multiculturalisme hors contrôle qui a tout simplement atomisé les vielles racines canadienne anglaise et a transformé l’identité canadienne en simple articles de loi sans substance. Progressivement  les citoyens canadiens ne sont devenus que des simples consommateurs à l’intérieur d’une frontière relative. De simples Nord-américains payeurs de taxes et d’impôts. Promettez leur plus d’argent dans leur poches et vous pourriez pratiquement conquérir le pays sans trop vous forcer. Terrifiant? Oui. Et grâce à l’argent, les anglophones les plus radicaux ont enfin trouvés le discours parfait pour détruire le bilinguisme institutionnel au Canada tout en passant sous les radars.

Un appel à l’argent est donc devenu encore plus puissant que n’importe quel discours nationaliste traditionnel. Nous verrons donc dans la prochaine partie comment cette nouvelle droite canadienne a ramenée une forme de patriotisme primaire aux canadiens anglais par le simple discours économique poussé à son extrême. De plus, nous verrons qui sont les derniers défenseurs du bilinguisme au Canada et en quoi leur croisade est en voie de devenir aussi crédible qu’une épopée à la Don Quichotte.

« Deuxième partie »

Nous vivons en ce moment des temps difficiles économiquement parlant.  Le capitalisme nous a prouvé son échec flagrant après avoir emprunté ses courants les plus radicaux et en ayant laissé une oligarchie mondiale se construire sur la carcasse des États nations. Bien que le Canada «semble» s’en sortir mieux que les autres pays en ce moment, le précipice est à portée d’orteils et les contribuables savent inconsciemment que cette bulle de protection ne durera pas très longtemps. Malheureusement, parmi tout les courants  »rebelles » et les solutions de secours, la seule avenue qui semble le plus se démarquer dans les média de masse dans le «Reste du Canada», est le courant de la droite libertarienne. Cette même droite qui a des affinités plus qu’évidentes avec le gouvernement conservateur en place à Ottawa.

Leur solution à la catastrophe est toute simple, il faut couper partout où ce n’est  »pas nécessaire ». Cela inclut la fonction publique, les services sociaux, l’environnement, la culture et évidemment le bilinguisme institutionnel. Ce petit dernier coûterait environ 2,4 milliard de dollars aux contribuables canadiens à chaque année. Une somme mineure à notre époque où des centaines de milliards peuvent être investit sans trop d’hésitation dans la sécurité et la défense chez nos voisins du sud. Mais malgré ce détail, des média comme le Sun Media et/ou tout le bassin de la droite économique canadienne anglaise souhaitent quand même passer au broyeur le bilinguisme institutionnel. C’est comme s’ils prétendaient que le Canada souffrirait financièrement à cause de ce genre d’investissement mineur. Entre vous et moi, le gouvernement conservateur s’endette bien plus à militariser le Canada qu’à tenter de maintenir son illusion de fédération bilingue «coast to coast». Juste pour être clair dans l’esprit des gens qui aiment les chiffres et les virgules, le bilinguisme institutionnel représentante en tout moins de 0,5% des dépenses gouvernementales annuelles. C’est pas la mer à boire quand même, mais ça leur empêche pas de dramatiser le dossier. De plus, figurez-vous qu’environs 75 % des canadiens hors-Québec jugent qu’il n’est pas important de parler et d’apprendre le français au Canada ?  Ça vous donne une idée de l’amour du bilinguisme dans le ROC. Alors pourquoi  la majorité de la population voudrait-elle encore payer pour ce genre de chose si elle ne la trouve plus aussi nécessaire qu’avant? Pour les libertariens canadiens, la question ne se pose même plus. Selon eux, il faut soustraire cette anomalie du budget national au plus vite!

Mais ce désir de purger le bilinguisme institutionnel n’est pas que purement économique chez ces gourous de la droite. Ce courant idéologique tire directement ses racines dans une mouvance néo-conservatrice typiquement nord-américaine. Donc tout ce qui existe en dehors de la culture du marché et du patriotisme corporatiste doit être combattu, voir nettoyé de la carte. Cette idéologie prêche aussi une forme de fierté pro-occidentale vide de profondeur. Une chimère où les religions hallucinogènes et les délires impérialistes en sont les piliers moraux. Tant que le gouvernement sera petit au plan social mais plus important au niveau de la sécurité et de la répression, cette droite économique malsaine nagera en plein bonheur idéaliste. Comme la seule langue du commerce est l’anglais dans leur livre à eux, alors tout le reste doit être balayé et/ou ne mérite pas d’être sauvé. Au nom du dieu Dollar, le bilinguisme va être rayé de la carte graduellement au Canada anglais et nous allons revenir au stade initial de l’époque pré-Trudeau. Et le pire, c’est que cette fois-ci, la haine du fait français se cache discrètement derrière des raisons pseudo-économique . Ce n’est nullement pour des raisons identitaires comme ce fut le cas jadis dans un Canada qui n’existe plus. Cette fois-ci, la purge linguistique sera subtile et discrète. Ce sera comme effacer une erreur de calcul sur votre rapport d’impôts en fin d’année sans en ressentir une once de honte. Même les ex-loges Orangistes d’antan n’auraient pas pu faire mieux. En fait, elles ont été ici totalement surclassées en efficacité.

Canada francophoneJe vous entend déjà me demandez : «Mais les anglophones du Québec eux ? Ne sont-ils pas pro bilinguisme?» .Oui, comme le sont tout autant les communautés francophones hors Québec, mais pour des raisons qui diffèrent légèrement. Les canadiens français ne le sont que par survivance. Ils sont directement plongés dans la grande mer anglo-saxonne avec tous les risquent qui viennent avec . Ils doivent donc impérativement savoir parler les deux langues pour continuer à évoluer dans leur environnement immédiat. Bien sur, il le font aussi pour ne pas choquer leur  »maîtres » anglo-saxon immédiats. De plus, les canadiens français s’obstinent royalement à encore croire que le Canada est un pays qui fut fondé dans la paix, la joie et l’harmonie. À les écoutez parler, l’histoire du Canada a été écrite comme un conte pour enfants et les répressions du passé ne sont que des légendes exagérées issue de la propagande séparatiste. Je leur conseillerais d’ailleurs d’aller voir les amérindiens par moment et leur demander leur avis là-dessus. La dur réalité de l’histoire risque de les traumatiser. Mais bon, ça c’est une autre histoire!

Passons maintenant  à  la communauté anglophone du Québec et j’inclus ici  les quelques communautés ethniques qui sont très proches d’elle et que je n’ai pas vraiment besoin de nommer. Cette communauté est relativement bilingue pour les mêmes raison que les canadiens français hors Québec le sont, sauf que dans leur cas, les anglophones ne sont nullement en position de faiblesse. Ils ne sont en rien menacés de disparaître. Ils sont connectés à une mer de plus de 400 millions d’anglophones en permanence. Ils font aussi partie d’un pays majoritairement anglophone. Et le bilinguisme institutionnel est pour eux une arme de  »survie » dans leur état d’esprit de  »victime » . Car oui, la communauté anglophone du Québec est un regroupement de pleurnichards qui croient vivre en Irlande du Nord, constamment assiégés par de «vilains» irlandais républicains qui les menacent à chaque coin de rue. Ils sont aussi paranos que nos zélés de la langue française qu’ils méprisent à chaque bouchée de céréales le matin.  Alors que le ROC se contrefiche du Québec et souhaite ardemment qu’il disparaisse sous l’impact d’un météore, la communauté anglophone du Québec rêve de le  »re-conquérir » à leur propre image. En fait, ils veulent rendre le Québec encore plus provincial et soumis qu’il ne l’est en ce moment. Champions de la mauvaise foi et la démagogie facile, leur courage est par contre relatif. Ironiquement, ils ne sont pas plus différent que le franco québécois moyen, d’ailleurs ils ne sortent que très rarement dans les rues pour contester quoi que ce soit. En fait, leur militants les plus radicaux sont proportionnellement moins nombreux que les nôtres. À cause de leur nature colérique constante et de leur haine quasi ancestrale des «Frogs», nous leur avons donné à ces militants le surnom d’Angryphones.

L’ Angryphone moyen se terre sous les blogs Internet et la section des commentaires du journal The Gazette pour faire éclater leur haine et leur rage de rongeurs mal baisés. Tout ça parce qu’ils prétendent subir le sort de ce que nous subissons nous-même dans le ROC depuis trop longtemps, sois celui d’être une  »minorité » opprimée. Une hérésie absolue pour des gens dont les ancêtres sont des conquérants sanguinaires et/ou pour ces nouveaux arrivants qui pensaient avoir choisi le coté des gagnants et des plus forts. Mais étant donné que le ROC n’a plus d’identité culturelle propre, vivre en opposition contre le reste du Québec est ce qui fait vivre les anglo-québécois. C’est en fait ce qui constitue le cœur même de leur communauté ici bas. Pour eux , le Québec en dehors de leur propres «ghettos» est bizarre et rempli d’ignorants repliés sur eux-même qui ne parlent pas la langue des «civilisés». Ils les regardent de haut avec un mépris à peine dissimulé. Par contre, dès que les québécois contre-attaque face à leur attitude d’enfant roi, ils crient vite à l’injustice, tire le jupon d’Ottawa et font appel à leur droit en tant que «minorité historique». Le problème ici c’est qu’il sont faussement une minorité comme ils adorent étrangement se décrire. Car en réalité, ils sont la diaspora même du ROC. C’est-à-dire qu’ils sont l’extension même des anglo-canadiens de tous le pays qui vivent de plein droit sur leur terre conquise qu’est la province du Québec. Mais ça, ils ne le réalisent même pas. Vous pouvez même ici savourer l’ironie de leur attitude. Ils se sont rendus distincts du reste du Canada juste pour avoir le droit de pleurer ici bas à la moindre représailles. Parfois je me demande si leurs complexes d’infériorité n’est pas simplement une réflexion historique des méfaits de leurs ancêtres des franco-québécois de souche . Sont-ils entrain de vivre inconsciemment cet état de siège culturel que nous avons vécus depuis si longtemps? Est-ce parce que que notre culture survit étrangement  mieux que la leur à la mondialisation néo-libérale qu’ils ont développé une forme de jalousie et de honte collective face à nous ? Est-ce que c’est pour ça qu’ils s’acharnent à se couper du reste du Québec pour mieux se définir eux-même dans leur vide identitaire? C’est des questions qui, ma foi, mériteraient qu’on y trouve des réponses, mais ça sera pour une autre fois. Bref, malgré toute leur loyauté aveugle envers Ottawa,  les anglo-québécois vont aussi subir les contre-coups des coupures massives contre le bilinguisme institutionnel au pays. Et qui sais s’ils vont découvrir, avec horreur, qu’Ottawa autant que le ROC se contre-fichent de leur caprices et de leur existence. Mais entre vous et moi, je doute que cet éclair de lucidité puisse prochainement traverser l’esprit d’une communauté qui carbure quotidiennement à la victimisation et à la paranoïa du fait français. Peut-être que l’optique de cesser de vivre en opposition avec le reste du Québec et songer à l’unité avec nous, les terrifie encore plus que l’idée de croire qu’ils sont opprimés 24 heures sur 24 par l’Office Québécois de la Langue Française? Allez savoir.

Au final, n’importe quels étrangers qui vit à l’extérieur du pays et qui voient le portrait complet de cette fédération de bananes pourraient vite réaliser que la politique linguistique canadienne est débile. Qu’elle ne cadre pas vraiment avec le ressentiment de la population en général. Il n’y a que les canadiens français, les fédéralistes de la vielle école et les anglo-québécois qui luttent majoritairement pour sauver le bilinguisme institutionnel en ce moment. Le pire c’est qu’ils ne sont nullement majoritaire au pays. Quand Ottawa, le geôlier du Canada, juge maintenant que le bilinguisme n’est plus nécessaire pour assurer l’unité canadienne, ça vous donne déjà une bonne idée de la suite des choses. Un autre point important ici, c’est que les vieilles chicanes historiques et les rancunes du passé ne sont pas mortes ici bas.  L’illusion des deux peuples fondateurs unis depuis le début ne tient plus. Car qu’est-ce que la fondation du Canada ? Ce fut en fait un peuple qui en écrasa un autre et qui força un mariage d’intérêts pour ensuite récolter le jackpot. Au gré du temps, les choses ont très peu changé et le Canada reste ce  »pays » qui fut forcé d’être et qui se cherche encore. Car en dehors de son moule de faux patriotisme nordique et de pseudo-monarchiste, l’anglo-canadien moyen angoisse et n’arrive plus à se situer. Mais au lieu de se tourner vers lui même pour résoudre sa propre crise identitaire, le ROC s’est tourné vers le Québec. Il a décidé de couper les ponts et de revenir à la base de ce mariage forcé. Prochainement il va  mettre la belle province sous résidence fermée et mettre la clef dans la porte. Celle-ci ne pourra plus quitter la maison et il ne sera plus aussi important qu’avant de lui parler dans sa langue natale pour lui plaire. Mais le ROC viendra quand même la voir par moment récolter son  »dû » avec ou sans son consentement . Il lui donnera quelques claques par moment pour qu’elle se la ferme quand elle osera protester. Au final, le canada anglais est entrain de se  »séparer » du Québec sans pour autant sans départir, car ses élites ont besoin de continuer de pilier ses ressources sans opposition.

Mais le gros hic dans tout ça, le truc qui me mystifie et qui m’inquiète un peu, c’est que la population québécoise elle, ne s’en rend même pas compte. Au lieu de ça, elle risque de faire élire un parti sans vision nationale claire au prochaine élection et de continuer à se plaindre que le Canadiens de Montréal ne gagne pas assez de parties cette année. De la belle maladie mentale collective, n’est-ce pas? Tout ça pour dire que la schizophrénie nationale, c’est belle et bien contagieux. Faites gaffe!

 

Torture et renseignement dans le Canada de Harper

Par Jean-Philippe Décarie-Mathieu, 7 février 2012 13 h 43 min

Le HUMINT selon Harper

Le gouvernement Harper semble décidé à imiter la douteuse administration américaine des années 2000 en ce qui a trait à l’obtention et l’utilisation d’information obtenue lors de séances « d’interrogations renforcées » (alias, la torture). Si l’imitation est la forme la plus sincère de flatterie, Dick Cheney, John Yoo, George W. Bush et Donald Rumsfeld doivent rougir de plaisir:

Le gouvernement Harper a décidé de permettre au Service canadien de renseignement et de sécurité (SCRS) d’utiliser des informations obtenues par la torture dans les cas où la sécurité du public est en cause.

[...]

La Presse Canadienne a obtenu, grâce à la Loi d’accès à l’information, copie d’une directive de deux pages préparée en décembre 2010 dans laquelle le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, avise le SCRS que le gouvernement s’attend désormais à ce qu’il fasse de la protection de la vie et de la propriété sa priorité absolue.

…Et on s’en fou si la torture ne garantie aucunement l’authenticité des informations obtenues car, après tout, il est va de la survie de nos droits et nos libertés. Ahem. Je vous laisse avec une citation délicieuse du film Reservoir Dogs, à ce propos:

« If you fucking beat this prick long enough, he’ll tell you he started the goddamn Chicago fire, now that don’t necessarily make it fucking so! » – Nice Guy Eddie

Inutile et moralement injustifiable.

Le destin du Québec, tel que vu par l’Ontario: Sabia, la CDP et le GRSP

Par Jean-Philippe Décarie-Mathieu, 3 février 2012 12 h 06 min

Michael Sabia lors d'une soirée donnée en l'honneur de André Desmarais

Pendant qu’ici on donne dans la petite politique provinciale, l’élite financière  intégrée à l’apparatchik de l’état Québécois s’organise main dans la main, confortablement; transfuge de Toronto pour rediriger la Caisse de dépôt et de placement dans la même direction que les intérêts de la ville-reine, Michael Sabia aime bien se prélasser au domaine Sagard:

M. Sabia et sa petite famille étaient les invités du président et cochef de la direction de Power Corporation, André Desmarais, au cours de la fin de semaine des 12, 13 et 14 août.

[...]

À la Caisse de dépôt, le porte-parole, Maxime Chagnon, a insisté pour dire qu’il s’agissait d’une simple  activité sociale» à laquelle M. Sabia s’est rendu, en voiture, avec sa femme et sa fille. «Suggérer autre chose que l’activité sociale serait purement mensonger, a-t-il dit. Il n’y avait aucun lien avec son travail.»

Bien sûr que non; tout le monde sait très bien qu’il n’y a jamais aucune décision prise, dans ce bas monde, derrière des portes closes, loin des caméras et de la racaille populaire.

Le Robin des banques n’acquiesce pas:

Yves Michaud, du Mouvement de défense des actionnaires, n’est pas d’accord. «Administrer le bas de laine des Québécois, il faut le faire avec pudeur et retenue, a-t-il tonné. Dans ce cas-là, il n’y a eu ni pudeur ni retenue.» M. Michaud trace un parallèle avec «[Henri-Paul] Rousseau, président de la Caisse au moment où 40 milliards $ sont partis en fumée lors de la grande crise de 2008, devenu vice-président de Power Corporation quelques semaines après avoir quitté la Caisse »

Aussi, la classe politique québécoise – du moins, quelques anciens députés battus par le peuple, comme c’est winner – vont « Parler Qc » dans la langue de Shakespeare à Toronto. Le but? Intéresser les canadiens-anglais par la question nationale du Québec:

Les organisateurs, le Groupe de recherche sur les sociétés plurinationales (GRSP) de l’UQAM et la School of Public Policy and Governance de l’Université de Toronto, précisent que la conférence The Quebec Question for the Next Generation «est donnée en anglais uniquement». On compte parmi les conférenciers venus du Québec l’ancien premier ministre Bernard Landry, le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, l’ancien député péquiste Daniel Turp et la professeure de droit constitutionnel Eugénie Brouillet.

À défaut d’en parler ici, au Québec, j’imagine qu’ils peuvent toujours le faire à l’extérieur de la nation… ça me semble parfaitement inutile; après tout, les canadiens-anglais nous adorent.

La révolution reprendra lorsque la température sera plus clémente

Par Jean-Philippe Décarie-Mathieu, 1 février 2012 23 h 02 min

Occupy Qwebek a encore un pouls, semble-t-il:

Les manifestations publiques seront à la hauteur des moyens des indignés de la capitale. «C’est sûr qu’on se limite à des choses à plus petite échelle.» Des démonstrations qui permettront d’attirer de nouveaux volontaires vers Occupons Québec, espère-t-on.

Entre-temps, les militants prennent d’assaut les ondes de CKIA 88,3 le mercredi soir à 17h. «C’est une réponse aux radios poubelles», explique Pascale-Marie Milan, doctorante en anthropologie à l’Université Laval.

Dans le calme et la tranquilité, bien sûr:

«On est en train de préparer les actions pour le printemps parce qu’on va avoir un printemps chaud. [...] On en promet des vertes et des pas mûres au gouvernement. On est des gens en colère contre le gouvernement.» Rien d’illégal au menu, rassure-t-il : «Ce sera toujours pacifique.»

Faudrait quand même pas trop brasser la cage…

Occupy le Néant…

Par Mathieu Duchesne, 25 novembre 2011 15 h 30 min

Je suis allé au Square Victoria ce soir…..c’était le 24 novembre 2011.

Un de ces soirs  qui risque d’être le dernier avant que la Ville efface toute traces de l’existence de cette «Place du Peuple».  Ironiquement pour ce qui en reste, j’ai effectivement observé que le nom colle que trop bien a ce que c’est devenu. Soit un désert de désolation idéologique. En gros, la définition la plus pur du mots «peuple» au Québec. Un No Man’s Land  en plein milieu d’une ville qui ne dort pas.

Bien que je n’est jamais vraiment pu m’identifier à cette Occupation depuis le début, j’ai quand même ressenti sur le terrain une forme de tristesse et d’amertume. Et non, elle ne venait pas de ce qui restait des occupants…ça venait plutôt de moi. Dans leur cas, les «occupistes» étaient plutôt distraits à marcher par-ci et par-là. Certains d’entre eux  tentaient de retrouver leurs effets personnels éparpillés partout sur le camp. Ils y en avaient d’autres qui étaient encore dans leurs tente à parler de la suite des choses ou de tout et de rien. Je ne pourrais pas dire si la plupart des derniers occupants étaient simplement que des itinérants  ou des poignés d’ irréductibles qui s’obstinaient à rester…ou les deux . Par contre la plupart des tentes étaient vides ou sinon remplies de diverses chose empilées en petite montagnes «bordellique» à la vue de tous. J’ai même vu le contenu de certaines d’entre elles se retrouver répandu partout sur le sol, moisies et/ou brisées. C’était comme si une tempête ou une guerre civile était passée sur les lieux. Mais pourtant personne n’était parti en panique et les policiers n’étaient pas encore rentrés dans le tas. De plus il y avait quelques flics qui se baladaient sur le terrain comme des sentinelles ennuyées. Ils attendaient le feu vert pour tout défoncer je suppose…ou allez savoir quoi.

J’étais d’ailleurs venu avec des amis ce soir là. Le but était de ramener la tente d’un autre pote qui l’avait laissée sur place en croyant y revenir occasionnellement. Mais il fut frappé par le hasard des choses. Il ne pouvait pas revenir avant des mois et il n’habitait pas à la porte à côté. Je suis donc allez sur place pour tenter de la sauver de l’inévitable. Malheureusement , tous ses biens avaient déjà disparus, probablement volés. Par contre son drapeau du Québec, aussi humide et mouillé que le parterre, avait survécu au pillage. Il flottait mollement au gré d’un vent pré-hivernale. Il était accroché sur un arbre dénudé, juste assez haut pour qu’on se fasse chier pour le sortir de là. Reste que ma simple mission fut un échec en soi et le drapeau fut une maigre récompense d’un sauvetage raté. Désolé mec.

Nous marchâmes donc à travers le reste du camp  »dévasté » pour tenter de trouver un endroit où sa tente aurait été peut-être entreposée. Nous avons bien trouvés un tas de bidules et de tentes mortes, mais rien ne correspondait à ce que nous recherchions. Juste à côté, la fameuse statue de la conasse de reine Victoria nous surplombait paresseusement. Toutes les pancartes avec la plupart des slogans qui furent jadis dessus avaient pratiquement disparues. Il lui restait encore son masque de Guy Fawkes mal ajusté et son drapeau des patriotes tout froissé et trempé. Nous pouvions encore voir la corde et la bouteille d’eau qui avaient servi à saboter le drapeau, enroulée comme un serpent autour de la carcasse du tissu tricolore. Une pointe de rage me revint en me rappelant que c’était la faute de certains anarchistes si le drapeau avait été démoli ainsi. « C’est un symbole facho et nazi!» avaient-ils dit avec leurs certitude indiscutable, lisez ici leur logique de fond de toilette. L’ignorance et la haine étaient tristement des choses que le passage du temps n’avait pas effacées.

Pendant que nous fouillons dans cette accumulation de possessions abandonnées , un de mes potes fut surpris de découvrir  des dizaines de livres de science qui traînaient, ils étaient dans un état mystérieusement impeccable. C’est à ce moment précis que nous nous fûmes apostrophés par une jeune femme. Celle-ci avait comme seule arme son sourire et un optimisme singulier. Elle nous apprit qu’elle était fière d’avoir épargnées ce tas de livres bien qu’ils étaient entreposés dans un endroit totalement chaotique et loin de toute sécurité possible. Elle prit donc une photo de son acte de sauvetage et disparue dans le désert de tentes à tout jamais. C’est là que je me souvins que pour certaines personnes, même les petites victoires sont parfois suffisantes pour leur apporter un peu de bonheur. Toute cette scène me rappela une anecdote d’un de ces nombreux scénario catastrophe qui existent dans les films ou les bouquins. Bien que je me souviens plus précisément lequel. Un des personnages secondaires avait sauvé quelques livres d’une bibliothèque durant le chaos. Un autre personnage lui demanda donc avec raison pourquoi avait-t-il perdu du temps à sauver ces vieux livres , car ils ne pourront jamais le nourrir ou lui permettre de survivre dans le pire du pire. L’homme répondit tout simplement qu’il ne faisait ici que sauver la mémoire de l’Humanité. Juste ce flash me toucha et je fis un lien avec l’acte bizarre de cette inconnue. Même dans la Fin, il restera toujours des humains pour sauver la mémoire de notre espèce. Mieux que rien.

Mais le futur de notre civilisation reste encore complètement incertain. Le système économique occidental est à la dérive et la guerre mondiale approche à grands pas. Au Québec c’est la mort de l’identité depuis un bon moment et les derniers résistants indépendantistes se font soit bousculer d’être dépassés, soit qu’ils se font enterrer par le système fédéral et sinon ils se poignardent entre eux  pour des détails. Le combat nationale n’est toujours pas terminé mais il semble résonner dans un triste vide. Comme le bruit du vent sur ce camp quasi abandonné. Ce vent froid et humide qui descendait des vastes édifices qui servent de paysage céleste à cette «Place du Peuple». Ces grandes tours froides du pouvoir financier qui surplombaient les ruines d’un camp qui au final symbolisait ce monde qu’ils avaient pillés sans remord au cours des âges. Pendant ce  temps les «leaders» d’ Occupy Montréal semblent se féliciter entre eux et se laver les mains de  cette catastrophe. Ils mettent la faute sur tout et n’importe qui sauf la leurs. Ils parlent de la  »Phase 3 » et de toutes sortes de projet aussi flous qu’un discours de politicien qui  »patine » sa carrière devant une caméra de TV. Triste finalité.

La victoire ici est mitigée et le combat est loin d’être terminé. Je ne sais pas ce qu’Occupy Montréal a apporté au Québec…ou au reste du monde. Je crois plutôt que ça permis à un petit groupe de gens de faire face à la source même de la société humaine et d’y avoir été durement confronté. La vie communautaire est remplie de compromis et de sacrifices…une chose que bien des gens aiment souvent soustraire de leur utopie respective. La gaffe totale quoi. Par contre je suppose que certains «occupistes» ont dû en sortir grandie de cette expérience et que d’autres en ont simplement profité pour faire passer leur idéologie en avant plan. Évidemment il y avait ceux qui voulaient avoir le simple privilège d’avoir un  »toit » et un repas. Le risque ici c’est que ce nouveau phénomène social devienne aussi banal que ces vastes manifestations pacifiques qui n’ébranlent pas le système en place. Une révolution, ça ne se fait pas à coup de câlins et de  »camping ».  Des gens meurent avec courage en Afrique du Nord et au Moyen-Orient pour sauver leur dignité et défendre leur liberté. Ici en Occident, nous avons juste naïvement cru pouvoir changer le monde en créant un village dans une ville sans jamais ébranler quoi que ce soit. Certains diront que toute cette action  était en fait qu’une immense symbolique constructive et je suis naïf de ne pas l’avoir remarqué. Je peux les croire en partie. Mais nous avons cette triste impression que c’est seulement entre eux qu’ils ont redécouvert la vie collective. Malheureusement cette expérience n’a pas ébranlé le béton de l’individualisme qui prime sur le reste de la population. Ils sont devenues un microcosmes à part qui dérive vers l’inconnu. Un endroit flou dont seulement eux sont persuadés de connaître la destination. Bon voyage! En espérant vous revoir le jour de la véritable révolution….

L’ironie humaine a fini par avoir le dessus sur l’utopie. Je quittai donc ce camp sans me retourner, le laissant devenir qu’un souvenir mitigé. L’abandonnant dans le vide des consciences collectives et de l’histoire de l’humanité. Car tout ce que nous avons gagné ici, c’est le Néant. Un désert idéologique où ses habitants ne cesseront jamais de nier les failles de leur réflexion. Allons nous encore tourner en rond pour les décennies à venir alors que tout s’écroule? Qui sais….seul l’avenir nous le dira. Car même dans les plus vaste des désert, des oasis cachés y fleurissent. Et juste ça….c’est plus rassurant que n’importe quel communiqué de presse.

Mathieu Duchesne

Theme Panorama par Themocracy